Ce billet est dédicacé à Ubi, qui parait-il, avait envie de lire “un avis acerbe” de ma part. Avec le recul, je me dis que j’aurais pu pour le coup pondre un article en attente sur Uncharted, mais comme j’ai promis un article sur le dernier Zelda, je m’en vais tenir ma promesse.

Alors que tout le monde attend un nouvel épisode sur console de salon (peut-être pour pouvoir avoir l’occasion de déterrer sa Wii ?), Nintendo nous propose un nouvel opus sur DS.

Le pitch ?

Link est un jeune… cheminot (sisi), qui reçoit son diplôme de cheminot des mains de la princesse Zelda lorsque le jeu débute. Les Zelda étant souvent des petites fouines, celle de cette époque (100 ans après Phantom Hourglass) ne déroge pas à la règle et décide d’aller voir ce qui ne va pas à la tour des dieux. Bien évidemment, c’est l’occasion qu’attendaient le vilain-méchant-pas-gentil et son sbire (oui, ils vont par deux maintenant, quelle innovation) pour l’attaquer et lui enlever son corps… Vous voilà donc suivis par le spectre de Zelda, et votre but est de rétablir la tour des dieux pour sauver le monde du méchant démon sorti d’on ne sait où mais qui doit prendre possession du corps de Zelda pour s’incarner…

Autant vous le dire tout de suite, ce Zelda se révèle être foncièrement linéaire: à l’image de son prédecesseur Phantom Hourglass, on fait des allers-retours “donjon principal” “donjon de zone”, avec des phases de voyage entre les deux. Enfin de voyage…

J’espère que vous n’aimez pas trop l’exploration, car elle est inexistante dans ce Zelda, puisque les contrées se visitent en… train. Rappelons-le, les japonais sont friands du transport ferroviaire… Mais de là à l’imposer dans un jeu d’aventure, il fallait oser! Je joue à un Zelda pour l’ambiance, les énigmes, le côté quête… Si je veux me prendre pour un employé de la SNCF, je jouerais à Densha de Go ! Sans compter que l’on est obligés de se tasser ces ***** de trajet, les téléporteurs étant assez rares (ou alors c’est parce que je n’ai pas accroché au concept du “hmmm, cette voie ne me sert à rien, si j’allais y faire un tour ?”).

Soyons clair, le train est le gros point noir de cet épisode: s’il est clairement maniable, il zappe tout le plaisir d’exploration, et amène avec lui des quêtes annexes foncièrement incipides (”supeeeer je prends des passagers et je suis la signalétique pour qu’ils soient contents !”). Déjà que je fais rarement les quêtes annexes, mais alors celles-là…

Autre point noir: le scénario, inintéressant, et vaguement sauvé par la présence de Zelda à vos côtés. Je ne sais pas qui a eu l’idée des locomos, mais il aurait pu s’abstenir… Autre ombre au tableau, la maniabilité parfois brouillonne, en partie à cause du fait que la roulade a été simplifiée (cool) mais du coup se déclenche dès qu’on s’excite un peu dans un combat (pas cool).

Vous pensez peut-être que j’ai détesté ce Zelda, mais il n’en est rien, j’ai juste pas encore parlé de ses points positifs:

- le donjon principal: si celui de PH m’avait foncièrement gavé, il faut reconnaître que celui-ci est mieux conçu. Ses points forts ? Sa longueur (bordel 30 étages quoi), et l’intéraction entre les deux personnages, très efficace, qui font de cette tour des dieux LA bonne idée de cet épisode.

- de nouveaux objets intéressants, notemment le trésor du temple des sables… Même si sa maniabilité s’avère parfois laborieuse, et gâche donc le plaisir.

- des thèmes musicaux vraiment chouettes, notemment celui des trailers et qui est aussi celui de la zone sylvestre.

Mais au final, tout comme Phantom Hourglass, Spirit Tracks me laisse un mauvais goût dans la bouche… Sans doute à cause du train, et des passages qu’il amène sur la fin du jeu (l’espèce de Pacman complètement WTF et l’abordage du train des méchants), son boss de fin moitié agaçant, moitié repompé sur celui de Ocarina of Time… Le grand problème de ce Zelda, c’est surtout qu’il n’a rien d’épique.

Cet épisode m’a amené à me poser la question suivante: et si j’en avais marre des Zelda ?

Le fait que j’ai refait récemment A Link to the Past tend à me faire penser le contraire. J’ai beau connaître cet épisode quasiment par coeur, je ne me lasse pas de le refaire régulièrement. J’ai plutôt tendance à orienter le questionnement ainsi: Nintendo a-t-il raison de continuer à sortir des épisodes de Zelda ?

Certes, dans l’ensemble le jeu est bon, mais ne serait-il pas temps de s’affranchir de la licence ? Ou de la renouveler fondamentalement ? J’aime beaucoup la licence, mais ne perd-elle pas de sa superbe à force d’être exploitée jusqu’à la moelle, toujours sur le même schéma ?

Je pense que si, et que Nintendo s’en rend compte. Preuve en est, la volonté affirmée par Aonuma de renouveler l’expérience de jeu dans le prochain opus sur Wii. Espérons seulement que ce renouvellement ne se fera pas au détriment de la nature de la licence.

(Et non, pas d’images du jeu, parce que j’ai la flemme et que google est votre ami.)

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Une réponse à “The Legend of Zelda - Spirit Tracks”
  1. Ubichan dit :

    Coucou Seima! Ton article est acerbe au possible, mais offre une objectivité rafraîchissante! Reconnaissons que si Zelda Phantom Hourglass n’existait pas, ce Zelda là en vaudrait la peine… Quoique, je préfère le bateau au train, au moins avions nous plus de 2 directions à choisir… A ta question : “Nintendo a-t-il raison de continuer à sortir des épisodes de Zelda ?” Je dirais: oui, mais à condition de revoir l’âge des acheteurs de Zelda… Celui-ci est classé “à partir de 7 ans”…. Hum. Pas étonnant que tous les fans de Zelda ayant fini plusieurs fois “A link to the past”, “Ocarina of Time” & “Wind Waker” soient déçus du niveau de difficulté (inexistant) des derniers Zelda. Sans oublier que c’est toujours avant Nöel que Nintendo nous sort un Zelda sur Ds, ce qui explique la durée de vie (express) du jeu… Un retour aux sources qui ont fait la magie de Zelda et beaucoup plus d’inventivité s’imposent! (Et une meilleur exploitation des ressources de la DS est aussi recommandée)… Mr Nintendo, vous savez ce qu’il vous reste à faire! …

    Merci pour ton article Seima et à bientôt! Xx

  2.  
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